La pêche, un avenir pour Bryan ?          

 

 

La pêche conserve tout son attrait auprès du public. Le nombre des pêcheurs plaisanciers est en augmentation constante, freinée seulement par le manque de places dans les ports. En revanche, la pêche professionnelle affronte une crise que tout le monde connaît : raréfaction de la ressource, imposition de quotas, nécessité d'investissements lourds, augmentation du prix du gas-oil, contrôles européens tatillons, sans parler des accidents en recrudescence... Doit-on en déduire pour autant que la pêche est un secteur condamné, sans avenir ?

C'est à l'encontre de cette conclusion hâtive que les pêcheurs ploemeurois ont décidé de réagir et de mieux faire connaître leur métier. C'est au cours d'une réunion du collectif « identité maritime » qu'ils ont proposé d'embarquer des jeunes pour les familiariser concrètement avec leur activité.

C'est ainsi que le 2 Août Gilles Le Moing a invité le jeune Bryan Roy sur son « Douar ar Mor », pour une journée de pêche au sud de Groix. Le rendez-vous était donné à ... 3 h du matin, la mer était agitée avec averses et crachin, pas une partie de plaisir. Le bateau est un fileyeur de 12,50m où la place est comptée au millimètre. Tout bâbord est occupé par une large goulotte en inox, de la poupe à la proue, dans laquelle glisse le filet de plusieurs centaine de mètres lorsqu'on le remonte.

    images tirées du film de Jacques Losay "Que diable allait-il faire ?..."

L'arrière est entièrement occupé par les filets soigneusement pliés comme des parachutes par une machine sophistiquée qui leur évite de s'emmêler. L'avant est encombrée des caisses qui attendent qu'on les emplisse de poissons. On le voit, ce n'est pas le bateau destiné à emmener des touristes. Madame Le Moing a d'ailleurs dû s'armer de patience pour convaincre les Affaires maritimes de donner l'autorisation d'emmener ce « passager ».

Bryan a apprécié cette sortie qui a duré 13 h, 3 h aller et retour pour se rendre sur les lieux de pêche et le temps d'effectuer quelques 10 posées et relevées de filets. Il avait déjà participé à une pêche, mais sur un bateau plus petit. Il a donc été moins surpris que les deux jeunes qui l'ont précédé dont l'un n'était jamais allé en mer.

Bryan hésite encore à s'engager dans cette filière, il est en tout cas content de l'expérience. Quant à Gilles Le Moing, comme tous ses autres confrères ploemeurois, il espère que ces immersions dans le milieu de la pêche permettront à des jeunes de choisir cette voie en toute connaissance de cause.

  voir l'article paru dans Ouest-France