Marcel Gozzi a recueilli le récit du Breton Albert Naour, qui 48 ans après, continue à être hanté par ce qu'il a vécu dans les djebels de Kabylie, lors de son service militaire en tant qu'appelé. Il décrit une violence quotidienne, aveugle et sans merci. "La jeunesse d'Albert" édité chez Liv'éditions

 

Voici aujourd'hui les lignes que lui inspire la tragédie de Gaza :

 

 

 

GAZA

 

Et l'Histoire dira : qu'ont-ils fait à Gaza

Ces descendants des Juifs qu'Adolf Hitler gaza ?

Eux qui, soudain, tirant leurs épées des fourreaux

Et leurs chars des hangars, sont devenus bourreaux.

 

Et vous, gens du Hamas, aux hordes clandestines,

Planquées dans les maisons des gens de Palestine,

Allah n'a jamais dit : Tuez les innocents !

Massacrez les enfants ! Faites couler le sang !

 

Israël, Israël, maudit par tes prophètes

N'as-tu pas retenu les leçons qu'ils t'on faites ?

Ceux qui vont au  combat ont-ils perdu la foi,

Qu'ils oublient simplement les leçons d'autrefois ?

 

Peuple qui a souffert et connu l'amertume,

Des pogroms et des nuits où sombraient les coutumes

Pourquoi faire la guerre à un peuple opprimé,

Misérable et vaincu ? Vous l'avez déprimé.

 

Deux mille années d'exil et soixante de guerres

N'ont pas rendus sensés ceux qui ne le sont guère,

Pourquoi ? Toujours pourquoi distiller cette haine,

Qui détruit tant de vies en terre souveraine ?

 

Michée d'Hébron déjà condamnait l'injustice,

Dénonçait les vendeurs : Pour eux, pas d'armistice !

Voyait venir les temps des grandes confusions

Et le peuple chassé par d'autres invasions.

 

Jérusalem détruit. Un monceau de décombres

Recouvrira la ville où trembleront les ombres

Des habitants réduits à mendier leur pain noir,

L'exil, la diaspora, dans les rues sans trottoirs.

 

Il prétendait qu'on détruirait le Temple.

Le Temple de Yahvé, un  formidable exemple.

Et pourtant ces temps là sont venus, et jamais,

On ne l'a reconstruit sur son ancien sommet.

 

Et Jérémie le juste et sa nouvelle alliance;

Il craignait Babylone avec ses manigances ?

Qu'en as-tu fait, Juda, toi qui l'as oublié ?

C'était un homme bon, et tu l'as humilié.

 

Soldat de Tel-Aviv, souviens toi que tes pères

Il y a soixante ans, ont perdu leurs repères.

Et souffert et péri sous le croc des bouchers ;

L'infernale Shoah les avait tous « douchés ».

 

Des hommes prient leur Dieu pour trouver le courage ;

Courage ? Dites moi ! De tuer avec rage.

Mais alors, nom de Dieu ! Où sont les volontés

Pour que cesse le feu des tueurs éhontés ?

 

Envoyez vos obus, poursuivez vos conquêtes,

Et vous gens du Hamas, balancez vos roquettes !

Les innocents mourront. Vous n'aurez pas la paix.

Et jamais ne pourrez mériter le respect.

 

La guerre n'a jamais enrichi que les ladres,

Mais elle a corrompu les âmes et les cadres

Où vivaient vos anciens, et rendus malheureux

Les foules égarées dans le pays hébreux.

 

Alors cessez de vous entretuer, hommes de Palestine,

Cessez de vous haïr ! Vos luttes intestines

Ne serviront à rien, et donnez vous la main,

Afin qu'en ce pays, chantent les lendemains !

 

Prenez le temps de vivre et gardez l'espérance !

Soldat, guerriers, tueurs, âmes en déshérence,

Il ne sortira rien de vos combats sans fin ;

Négociez ! Négociez comme si vous aviez faim !