Cécile et Jocelyn,                       bénévoles sur le stand Kokopelli aux Botaniques de Ploemeur

 

 Kokopelli défend le droit à la bio-diversité

Présente aux Botaniques de Ploemeur le week-end dernier, l'association est sous la menace d'une condamnation.

Invitée par l'ASPECO, l'Association des pépiniéristes collectionneurs, à participer le week-end dernier aux 5e Botaniques de Ploemeur, l'association Kokopelli qui diffuse des semences de variétés peu connues ou issues de pratiques familiales, locales anciennes, a trouvé là un public.

C'est aussi avec un appel à soutien d'urgence qu'elle participait à cette manifestation publique autour de la biodiversité, suite au rebondissement récent d'un procès que lui font le GNIS, Groupement national interprofessionnel semences sous tutelle du Ministère de l'Agriculture, et la FNPSP, Fédération nationale des professionnels de semences potagères.

Début 2004, le GNIS et la FNPSP portent plainte auprès du Service de la Répression des Fraudes contre Kokopelli pour distribution de variétés potagères non inscrites sur le catalogue national. En mars 2006, le Tribunal d'Alès déboute les attaquants. La mauvaise nouvelle à suivre date de la mi-août : le GNIS et la FNPSP font appel. L'affaire sera portée devant le Tribunal de Nîmes le 31 octobre prochain. Des prolongations qui risquent de laisser exsangue l'association.

« Ce catalogue a été mis en place en janvier 2004 suite à une directive européenne », explique Cécile sur le stand. « Il dresse la liste des plantes autorisées à la culture, met fin à la liberté qu'avait jusqu'alors le petit paysan de multiplier lui-même ses semences et les ressemer. L'autre conséquence pernicieuse est d'imposer des variétés beaucoup moins adaptées, nécessitant l'apport d'engrais chimiques et pesticides, au bénéfice des grandes firmes qui vendent

justement ces produits. L'argument avancé pour imposer ce catalogue est la défense du consommateur ». Kokopelli compte quelque 4 000 adhérents, diffuse 1 200 variétés. "Pour les inscrire au catalogue, il faut monter un dossier pour chacune, payer un droit de 200 € pour un jardinier amateur, 1 200 € pour un professionnel et un droit annuel par la suite !" Kokopelli a profité de sa participation aux Botaniques pour chercher du soutien auprès de ses sympathisants et faire circuler une pétition protestant contre l'aliénation du droit à cultiver, semer, échanger librement. Un point de vue qui n'est pas sans rappeler la polémique autour du purin d'ortie interdit depuis le 1er juillet par décret d'application de la loi 2006-11 du 5 janvier.

Nouvelle information : lourde condamnation

www.kokopelli.asso.fr